Samedi 10 mai 2008
J'ôte mes lentilles, chausse mes lorgnons. Ne me coiffe pas. Je me préfère avec les cheveux dans les yeux. Je la hais. Du verbe haïr, détester, exécrer, abhorrer. Ne pas supporter, ne pas souffrir. Mais si, souffrir... Un peu. Trahie, je me sens.
Il est 23h50.

"Yo. Jme demandais, ds l'éventualité où peut-être tu ne serais pas avec ton cher et tendre, si on pouvait aller boire un coffee, j'invite. Bisous."
C'était en début d'après-midi. Un certain temps après, je la retrouve en terrasse. Avec Seb. J'étais un peu énervée. Décontenancée. Je lui avais demandé, pourtant.

Je dois manger avec eux.  En allant chez lui, je réfléchis à mon attitude tellement possessive qui me ronge en ce moment par rapport à elle. Plus rien ne va, c'est bizarre.
J'en arrive à cette conclusion, qui me frappe en pleine gueule. Je la perds. En fait ce n'est pas un trop plein d'affection, ni un béguin à la "Sugar Rush" finalement. Non, je réalise qu'elle n'a plus l'intention de partir avec moi. Dijon, c'est plus dans ses projets depuis longtemps. Enfin, longtemps...

Ils sortent ensemble depuis un mois à tout casser et vivent comme un couple. Elle ne voit ses parents que rarement, et moi pas beaucoup plus.

Je voudrais tellement qu'elle se taise.

On est sur le lit de Seb, devant The Simpsons. Et je l'entends gratouiller. Oui, parce que j'ai pu constater qu'il gratouille. Quand il y a eu ce truc (très bref) "entre nous", je me rappelle qu'il me caressait le ventre, enfin... Il le gratouillait. Comme il ferait avec un chien.

Ils sont à côté de moi, elle, son débardeur remonté, lui qui respire si horriblement fort par le nez (je vous ai dit que je le trouvais répugnant?). Et je la hais.

De se servir de moi comme béquille à sa dépression pendant presque un an, au point de m'en filer des crises d'angoisses, pour ensuite, sans un mot, partir avec une béquille plus solide, moins encombrante, bref... Plus accomodante.
J'ai juste envie d'hurler, pour reprendre les mots de Machin Deuchfalh, les seuls que j'ai retenus.

Sûr, maintenant elle va bien, S. C'est moi qui boîte, de l'avoir maternée, couvée, protégée, consolée.

J'ai tellement chaud, c'est oppressant, je ne respire plus. Je me suis faite avoir.

Baisée, je suis.
Avec elle, j'ai toujours tort. J'ai certains torts, oui. Je l'étouffais, oui. Je l'influençais, un peu.

Elle était demandeuse, sans arrêt. Elle me le fait payer au centuple. Quoi que je dise, j'ai tort.

Pour l'affection, elle a Seb, le grand machin qui respire fort. Trop content de pouvoir la sauter pour se rendre compte qu'elle vampirise. À moins qu'ils ne soient du même bois. C'est elle qui me le disait "Lui et moi, on est du même bois, de la même pierre."

J'ai plus qu'à me chercher une nouvelle colocataire.
par MB publié dans : Bad Day?
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